25 août 2007
de drôles de petites choses rôzes
Ah oui, c'est rose. C'est carrément rose. C'est même tellement rose qu'elles ne sont pas pour moi, ces petites pomatominuscules. La destinataire ayant le bon goût d'avoir la même pointure que votre dévouée, j'ai pu assurer les essayages mais il n'est pas encore certain que la destinataire en question saura domestiquer l'enfilage-de-la-chaussette-knitchy - enfilage qui exige, il faut le dire, une certaine détermination. (Hgggn-han)
Enfin c'est surtout un petit souvenir car pour ces chaussettes j'ai utilisé deux petits écheveaux de 40gr issus de la soupe à la cochenille. Comme les deux étaient différents et qu'à une teinturière expérimentée, on ne la lui fait pas de lui faire accroire qu'une teinte cochenille + alun c'est la même chose qu'une teinte cochenille + ammoniaque, j'ai alterné les deux pelotons dans chaque chaussette ce qui renforce l'effet bizarre de ces bizarres objets.
Et comme je ne crains jamais de faire solide, j'ai tricoté en 2mm ce 6-fils qui pour toute personne normalement constituée appelerait un bon 2.5, voire 3... Enfin histoire de ne laisser aucune chance au moindre courant d'air, j'ai remplacé tous les jetés par des augmentations. C'est vrai quoi, la socquette blindée avec des trous-trous, ça ne ferait pas très sérieux.
Au final donc: des socquettes d'hiver rozes blindées. L'accessoire indispensable de toute garde-robe soigneusement étudiée. Je sens que je tiens encore un bon prix Grodule, là.
Je récidiverai tout de même avec les pomatomus, le motif est vraiment, vraiment très beau. Ai-je lu les explications sur Knitty ? Eh bien non, parce que tout d'abord je n'ai nulle envie de commencer des chaussettes par le col, et ensuite franchement, parce que moi les explications du genre "glissez 14 mailles de l'aiguille 4 sur l'aiguille 1 qui devient ensuite l'aiguille 3 puis reprenez la grille B à partir de l'aiguille 5 que vous avez précédemment balancé par la fenêtre" non et non, pas possible. Je me suis donc contentée d'imprimer et de suivre les grilles, avec quelques entourloupes et grinçages de dents entre le talon et la jambe. Le résultat est imparfait, mais il n'y a qu'une faute qui pourrait être vraiment visible... (Florence, la trouveras-tu ??)
Et voilà toute ma production tricot de ces dernières semaines. Nous abordons encore une phase pénible avec montagne de corvées, je n'ai pas pu filer depuis le dernier post. Peut-être qu'avant Pâques (??!??) j'aurai le bonheur de pouvoir divertir mon lectorat avec des photos d'éboulis. Espérons.
Bon week-end à la ronde !
09 août 2007
Ce matin j'ai sorti une mèche de coton hydrophile d'un flacon de médicaments et j'ai commencé à tirer dessus et à filer un brin. This morning I tore a piece of cotton wool out of a pill bottle and started gently to spin it.
Help.
07 août 2007
ri-di-cule !
Toute cette hisoire de filage est ridicule, d'ailleurs je le dis depuis le début.
Il y avait déjà des mimines sous les radiateurs, maintenant il y a des moutons bleuâtres dans tous les coins. Et puis ce rouet au milieu du salon. Grotesque. Et ce tas de toisons en plus des pelotes... C'est supposé faire Conran shop ou quoi ? Pffffff.
Après l'espoir, la débâcle
Ben oui, ça ronchonne ferme chez Knitchy, vu que mon joli célibataire mérinos, le retors venu, j'en ai fait une immonde ragougnasse. Que s'est-il passé ?? Tout d'abord, j'ai voulu faire la maline en filant plus fin que ce dont je suis capable. J'ai fait des raccords quasiment illicites à la limites des règles de physique les plus élémentaires : "Ô vous trois fibres de rien du tout sur trois centimètres de long, par la seule puissance de ma volonté, tenez ensemble !" - "Cause toujours" répondent les fibres en question. Et au retors, crac, il y a de la casse.
Avec ça, j'ai vraiment retordu comme une *$!§* parce qu'un coup c'est vrillé comme s'il fallait se pendre après, un coup c'est carrément pas retordu du tout. Pouah pouah pouah. C'est pas un écheveau, c'est de la choucroute.

Autre amère désillusion, je n'aime pas du tout l'effet bicolore obtenu avec des couleurs très contrastées. Si c'est pour en arriver là, autant acheter tout de suite de la Regia Mouliné. Non mais. Si jamais cette folie devait me reprendre, je retiens : les fondus sur la mèche, les contrastés sur l'écheveau.
Bref, triste affaire que ce filage. Mais tout ça n'a aucune importance, car à présent j'ai retrouvé le chemin de la raison. Fini ces sottes fredaines, place à une activité saine et constructive. Car j'ai enfin trouvé ma vraie vocation :

Menuiserie ! Et ce qui est bien, c'est que pour le bazar et les déchets, on n'est pas dépaysé du tout.
(Et quand on pense qu'on a même pas encore eu de canicule)
05 août 2007
fille perdue - la souite
Or donc résultat des premiers pédalages chez Florence, ze écheveau d'au moins trois mètres vingt-cinq, entre 32 et 0,4 wpi à vue de nez

Pour un look pro, ne pas oublier le cure-dents
C'est marrant parce que très vite en ramassant les bouts de mèches qui volent dans tous les coins, on peut s'amuser à mélanger les fibres et les couleurs. Ça n'aide pas l'ordonnance dans le jardin de Florence mais qu'est-ce que c'est ludique !
Dimanche, journée consacrée à la teinture naturelle (enfin c'était le programme de Florence, mais obsédée que j'étais par mes affaires de torsion et de pédalage, je n'ai pas tardé à prendre des chemins de traverse).
Du coup je ne sais pas très bien ce qui s'est passé, sauf qu'il a été question de broyer 300gr de cochenilles pour faire une teinture à 30% (soit 30% du poids de laine sèche en matière tinctoriale), mais qu'après quatre ou cinq heures de broyage de rouge tout le monde à décidé que 20% ça irait très bien aussi. (D'ailleurs la suite nous a donné raison)
"Euh, ça va comme ça Madame Florence ?" "Plus fin"
(broie, broie, broie) "Et comme ça ?" "Encore un peu plus fin" (etc, etc)
Je peux vous dire que quand on broie de la cochenille, le premier qui éternue peut s'attendre à avoir des ennuis. Après tous nos efforts, les 200gr de poudre ultra-fine ont fini dans la casserole et pendant que la soupe de laine à la cochenille trempait, nous avons profité d'un excellent barbecue.
Avec ça, moi je veux bien faire de la teinture naturelle mais surtout si je peux mettre du filage-main dedans. Donc je me suis débrouillée pour garder un Louët à portée de main (rien d'étonnant que Florence ait eu l'impression d'avoir affaire à une élève un peu indisciplinée) et filer et retordre dare-dare ma laine à feutrer achetée chez Véritas, juste à temps pour la mettre dans le chaudron avec les 24 autres écheveaux. Ypeee !
Je ne l'aurais pas vu faire, je ne croirais jamais que l'intensité de cette couleur provient d'une teinture naturelle. Entre la nature des fibres et le jeu des différents mordançages (avant et/ou après teinture), c'est incroyable la variété des couleurs qu'on a obtenu. Voyez un peu ces merveilles, je vous renvoie directement vers les photos de Florence, ici et ici.
Par contre, je ne sais pas si c'est parce que je suis très peu portée sur les couleurs roses, où si c'est parce qu'il a fallu deux casseroles de quarante litres plus trois fois autant de bidons de rinçage (sans compter l'essoreuse professionnelle!), mais la teinture à la cochenille en appartement, j'hésiterais (pour vos rinçages, prévoyez tout de suite une baignoire de rechange). Dieu merci, il est aussi possible de faire de bien belles choses sans sortir les grands moyens, comme on verra pas plus tard que tout de suite, hé hé.
Où ça, un lapsus ?
Eh oui, Val, Dominique, teinture, j'ai bien dit teinture... Depuis que j'avais vu certain de ces écheveaux en vrai au pique-nique des fileuses, le ver était dans le fruit. Après le week-end chez Florence, hop, en route vers le Little Gem et sa magicienne du Dupont et Dupont...
Ici, place à la Teinture Fonctionnelle en Appartement, qu'il s'agisse des teintures alimentaires comme en vend Florence ou des teintures pour soie Dupont, c'est facile et ça offre de très belles possibilités.

Mèche de laine et soie, barbouillage au pinceau
On mouille la mèche, on pose sur un film alimentaire, on peinturlure avec la teinture diluée ad hoc.

flitch, flitch
On referme le film alimentaire et on écrase bien pour répartir la teinture.

sprouïtch
On roule pour faire un beau boudin, dans un tupperware couvert, trois fois trois minutes à 750 Watts au petites-ondes (pas 1000 Watts sinon le film fond et on se lance dans la thermoplastie), et roule raoul, de la belle teinture maison.

A gauche du mérinos taupe et bleu, à droite la laine et soie barbouillée ci-dessus
Après sortie du four et rinçage prudent, la surprise est toujours au rendez-vous car les couleurs prennent de façon très différente selon le pigment, la fibre, la dilution et le sens du vent. J'ai entrepris de noter mes différents mélanges et de garder des échantillons, mais la magie de la couleur ne vas pas sans une part de hasard. (Ça me rappelle les grands temps de l'imprimerie quand on n'arrivait jamais à avoir la même couleur Pantone deux fois de suite et qu'il fallait expliquer au client que vu les variations hygrométriques, il ne devait pas s'attendre à avoir le même logo en hiver qu'en été...)
Chez Anne j'ai aussi pédalé ferme sur son Little Gem (attention c'est là qu'on prend des goûts de luxe) et voici le résultat des deuxième et troisième bobines.

J'aime bien les couleurs mais c'est évidemment très loin d'être assez fin ou assez régulier à mon goût. Fidèle à mes habituelles contradictions névrotiques, je veux filer main pour faire du fil machine (ben voyons). Sans compter que ce fil a beaucoup de vrais défauts techniques. Entre autres choses, Florence soupçonne que je file un peu trop serré. Tiens, tiens, tiens...
Mais le vrai coup de Jarnac de toute cette affaire, et là où les griffes du destin se referment définitivement sur votre dévouée, c'est que comme par hasard, Florence avait cette semaine-là un Louët S10 d'occasion à vendre. J'ai fait semblant d'hésiter trois jours, mais bien entendu que je ne voulais pas rentrer chez moi sans lui. Impensable.

Au célibataire : le mérinos taupe et bleu
Et voilà, maintenant il est chez moi, mon Louët, mon Loulou, mon Clouc-Clouc, mon Clouquinet (bon, pardonnez mais ici ça déboîte légèrement, on ne peut pas attendre d'une fileuse d'avoir une relation impersonnelle avec son engin, d'ailleurs quand Bulle a célébré y a pas longtemps l'anniversaire de son Loulou je me suis interrogée, maintenant je comprends tout !)
Et pour couronner le tout, je ne suis pas rentrée de Stoqueu sans gaver mon coffre de mèche et de fibre (de mesquines considérations fnancières m'ont portées à investir dans de la mèche plutôt que dans les cardes à main, pour commencer) ce qui fait qu'à présent dans mon salon, non content de trébucher sur vingt-quatre pelotes de laine à chaussettes, un kongle en souffrance depuis 2005, une étole en dentelle à peu près aussi ancienne, un échantillon Inishmore en plan, un tas de Licorne en détricotage et quelques autres broutilles, on se casse également la bobine sur un rouet et trente-cinq litres de fibres. Oyé.
Très bon dimanche à tous au soleil !
01 août 2007
journal d'une fille perdue - épisode premier
Oui mais c'est pas de ma faute. C'est la fatalité. Un hasard de circonstances impitoyables. Une conspiration astrale.
Jugez plutôt...
Je prends des congés la dernière semaine de juillet pour répondre à l'invitation d'Anne qui me propose très gentiment de venir m'essayer au filage chez elle. (Essayer, hein. On avait bien dit).
Or, voilà-t-y pas que Florence organise justement un week-end filage et teintures au Mouchon les 21 et 22. Et voilà-t-y pas que justement deux très chères tricopines y seront aussi. Avouez que j'aurais été bête de rater ça...

Samedi matin - entrée en matières
Ça, c'est l'endroit tout propre et accueillant qui nous attendait samedi matin. Je regrette de ne pas avoir pris un cliché à la fin de la journée. Pour mettre de la toison dans tous les coins et un bazar pas possible, une horde de joueurs de bouzkashi n'aurait pas fait mieux. Florence, t'en as du courage de nous recevoir chez toi !La matinée à été occupée à explorer les toisons, leur poil, leur coupe, leur sens et le système d'orientation particulier en la matière (à l'opposé de la crotte se trouve le Nord)

Florence et Hélène auscultent la bête

On sniffe, c'est de la bonne !
L'après-midi, les affaires sérieuses : on carde et on file! Nous avons toutes des Louët sauf Nath qui se bagarre avec le Kromski. Ça s'embrouille et ça fait de la nouille. Dans la quiétude de la campagne gazouillante, volent quelques jurons. Il nous arrive d'être passablement déconcentrées (attention les fous-rires et hop, que la bobine en profite pour repartir dans l'autre sens).
Florence au dénouillage

Certaines sont sérieuses et appliquées. Parfois.
De mon côté c'est le Miracle de Stoqueu : enfin je pédale dans le bon sens !!!!A partir de là, c'est l'enchaînement infernal. Si je pédale dans le bon sens, les espoirs les plus fous me sont permis... Du fil qui ressemble à du fil (version gilet de berger 1975, tout de même)... Je me prends à croire que j'arriverai à faire du fil, disons, aran. Enfin, worsted weight. Peut-être même fingering. Qui sait, chaussettes ? Oh ben tiens, dentelle. Ah et puis zut : cobweb !
Entraînée par ces folles espérances, je pédale, je pédale, je pédale...
Tiens, ça me rappelle quelque chose, mais quoi ????


A bientôt pour la souite de mes folles aventures !



