24 août 2008
don't stumble on my swatch, please
Yes, my swatch. The second swatch actually (or is it the twentieth ? I can't really remember since I am busy frogging and starting it again since about one month).
This lovely-cabley thing, dear readers, is the perfect seppuku-project. I managed to compile here the most comprehensive collection of hazardous initiatives :
- Find a pattern you like, decide you don't like it so much, keep only the collar (vaguely) and build up from that.
- Order Barbara Walker's "Knitting from the top" (you know? that coffee table book that will scare your most intimate friends) and decide that you will knit from the top without even reading the book (intensely looking at this impressive cover should suffice)
- Go for saddle shoulders. Never done saddle-shoulder before? Bah!
- Trust a swatch that grew by 15% after washing.
- Take measurements from a tailored jacket. Then oh wait, take measurements from a saggy something. Mix that with a percentage system (part EZ, part BW). Draw a sketch on paper and eventually throw measurements from guesstimates.
- Superbly ignore the row gauge. When times comes for picking up stitches, well, we'll see.
- Prepare for shaping in cables. Something I find even official patterns often do a really bad job of.
Oui oui oui vous avez bien lu, cette chose étale et monumentale est... un échantillon. Enfin, par la force des choses. Au départ, il y avait pourtant de l'idée : utilisons un peu ce kilo de Soft Shetland à quelque chose, le quelque chose se devant d'être un cardigan massivement torsouillé. (Oui, j'aime les torsouilles) C'est tout de suite après l'idée initiale que les choses se sont gâtées:
- Je trouve un super modèle. Tout compte fait, pas si super que ça. Qu'à cela ne tienne : je garde le concept du col et j'invente tout le reste.
- J'ai commandé et reçu "Knitting from the top" de Barbara Walker. Un bouquin très malin mais que je vous recommande d'utiliser avec discernement dans votre déco intérieure (planquez-le plutôt en-dessous du dernier Rowan) Je décide illico de tricoter en top-down mais bien sûr sans me donner la peine de lire le bouquin ('faudrait pas exagérer non plus, s'il faut le lire en plus de l'acheter où va-t-on)*.
- Tant que j'y suis, jy vais pour les épaules en selle de cheval (quelqu'un sait comment on traduit saddle-shoulder ?!?) que je n'ai bien sûr jamais faites de ma vie.
- Je me fie à un échantillon qui a grandi de 15% après lavage. Je ne sais pas vous mais moi, ça me fiche la trouille.
- Je prends des mesures sur une veste de tailleur. Bon, tout compte fait, je prends des mesures sur un machin un peu mou. Je bricole les mesures avec le système de pourcentage, version bâtarde entre Elizabeth Zimmerman et Barbara Walker. Je trace un croquis et après avoir obtenu dix-huit résultats différents, finis par jeter des mensurations au hasard.
- Je me fiche comme d'une guigne de l'échantillon en hauteur. Une simple question d'habitude.
- Je me prépare à augmenter et diminuer dans des torsades. Quelque chose dont je trouve que même les patrons écrits par des professionnels négligent cruellement de prévoir avec sagacité. Le neurone va chauffer aux limites de la carbonisation.
*croyez-vous que les livres ça peut marcher comme gri-gri ? Est-ce que si je tiens le savant ouvrage au-dessus de mon tricot en psalmodiant "O Barbara, en ton génie je crois" tous mes ennuis vont s'arranger ??

As you can guess, this formidable swatch was the WIP that I decided today to put through the washing test to get my figures right. I did learn some interesting things :
- The fabric indeed stretches in width, to the expected size (OMG!) but NOT at the "seams" (were I picked up stitches to start the pieces). It seems the 'basketweave' cable pattern is very stubborn and won't stretch much in either direction.
- My brilliant measurement system has a major flaw. The back of the neck is too wide (and shoulders too narrow) : the saddle shoulders add extra opening there, so that you need a narrower back opening. So if you want accurate measurements for a saddle shoulder, well, measure a saddle shoulder that fits you.
- I have no idea how to compensate for the difference in blocking in the 'body' of the pieces and the picked-up edges. This may be an unexpected difficulty in top-down knitting. (What was I thinking ? Of course avoiding all this seaming work comes at a price).
Bien entendu ce formidable échantillon était mon travail en cours, obtenu après bientôt un mois d'efforts et de creusage de ciboulot, mais aujourd'hui j'ai à la fois craqué et repris confiance, c'est-à-dire que je me suis sentie le courage d'envisager de tout recommencer. j'ai donc foutu l'objet dans un bain et fait quelques constatations intéressantes :
- Le tricot se détend bien en largeur et même - Ô miracle - selon les calculs, mais PAS aux endroits où j'ai ramassé les mailles pour débuter le tricot. Ma torsade "vannerie" est extrêmement têtue et ne se laisse aller ni dans un sens ni dans l'autre.
- Une chose que je n'avais absolument pas anticipé : l'échancrure du dos est trop large, à cause des épaules (bon, disons pattes d'épaule, voilà, ça me revient maintenant). Les pattes d'épaule ajoutent à l'ouverture générale de l'encolure donc il faut en tenir compte. Mes épaules sont aussi trop étroites d'un cm, que je vais donc rattraper dans l'encolure dos.
- Puisque le tricot se détend plus au milieu et moins aux assemblages, comment arrange-t-on cela quand on tricote sans couture ? Eh bien, j'en ai aucune idée. Voilà voilà.

The obvious conclusion of this all, of course, should be that I'd better seek for a decent and simple pattern and follow the directions (hein? what?). Sigh. So not me. I fear I'm stuck with this for the next 10 months 2 years or until the yarn is shredded to dust. Well, for tonight, I think I'll get back to my current sock in progress...

Bien entendu la raison voudrait que j'arrête ici et me mette en quête d'un bon vieux patron et cesse de m'improviser designer à la gomme. Oui ben je ne suis pas raisonnable. On n'a pas fini d'en entendre parler, des torsouilles, où alors je balance tout par la fenêtre. Pour ce soir, je crois que je vais retourner à ma chaussette...
Allez, bonne semaine à tous !
;-)
15 août 2008
Ahem. Saurai-je rester modeste ?

... car crac boum, me voici Arte y picoisée chers lecteurs, et pas par n'importe qui, la Reine Christine rien de moins ! Quand j'ai recommencé à tricoter (en l'an de grâce 2005 si ma mémoire en voie de seniorisation aigüe ne me trompe pas), je suis tombée sur son billet richement illustré à propos des atermoiements français entre le OUI et le NON
pour la constitution. J'ai aimé la fantaisie de l'auteur et je peux dire sans mentir qu'elle a contribué à la décision de m'aventurer dans la bloggosphère le blogging le bloguage enfin bref (tous ces bloggoismes sont abominables), vous me comprenez. Depuis lors, l'encyclopédisme malicieux de Christine, qui se casse toujours la tête pour nous apprendre quelque chose de façon inattendue, continue à me réjouir et son goût pour le langage à m'enchanter. Un de mes billets préférés : celui où elle nous apprend à distinguer l'égobèse du podoclaste... Merci Christine !
Les choses se compliquent...
Ouais, car les règles du jeu (5 blogs* seulement ??) sont cruelles. A vrai dire, je n'ai pas une folle passion pour les questionnaires et les échanges de prix entre bloggueurs... Mais comme dans ce cas-ci j'ai grand plaisir à balancer quelques-uns de mes liens préférés, je vais quand même me montrer d'une discipline exemplaire (enfin, presque). Vous me pardonnerez si je déborde un tout petit peu des limites règlementaires, d'ailleurs vous seriez de mauvaise composition, c'est rien que du haut de gamme :
Entre pinailleuses, on se comprend. C'est-à-dire qu'elle est à peu près aussi maniaque que moi, la technique et l'expérience en plus. Le grand air suisse et son ambiance d'horlogerie fine y sont peut-être pour quelque chose, mais Véronique est une orfèvre en son genre. Son travail est impressionnant. C'est chez elle que j'ai découvert la richesse des norvégiens (ah ce Jubileum!) et la finesse des fair-isles. Je voudrais bien être une petite souris pour me planquer chez elle et regarder tous ses ouvrages dans le grand détail. En outre Véronique n'a pas oublié d'être drôle et cultivée, ce qui ne gâte rien. Ses billets sont plus rares depuis un ou deux ans, mais je vous encourage à parcourir ses archives et ses galeries, vous y verrez de bien belles choses.
La fine mouche qui capture les araignées. Je la soupçonne de se lever
avant les oiseaux parfois, et de traîner Bichounet par les chemins
pour flairer la garrigue et satisfaire sa manie du précieux détail. Que ce soit au bout de son objectif où à la pointe de ses aiguilles, Mireille saisit la poésie sur le vif. Elle est discrète et ne dit pas toujours grand-chose, mais n'en pense pas moins. Mireille est une artiste qui a besoin de ses jardins secrets : quand c'est nécéssaire, elle s'enferme dans le frigo avec Bichounet.
La dangereuse stashomane. Attention, cette femme est redoutable. Elle flaire le kit en solde ou la nouvelle cargaison de Kauni à trois océans de distance. Ses révélations sont aussi fatales à la carte bancaire que le chant des sirènes au navigateur. Non seulement son blog est miné de liens périlleux et de recettes alléchantes, mais sa curiosité ne s'arrête pas en si bon chemin : c'est en furetant dans ses colonnes que j'ai découvert par exemple des calligraphies merveilleuses. Oiseaux, voyages, art, littérature... tout l'intéresse. Dominique est aussi à l'occasion une vigoureuse râleuse, à juste titre à mon avis (vu que nous râlons souvent à propos des mêmes stupidités contemporaines). Dominique, quand est-ce qu'on se tricote des petites cagoules et qu'on relance la révolution ??
La femme-shiva. Je ne vois pas d'autre explication, ou alors elle consomme du kérozène au petit déjeuner. Elle file, elle plafonne, elle corrige quelques centaines de copies, elle pose du plancher, elle coud, elle pose du carrelage, elle teint, elle jardine, elle corrige une autre centaine de copies, elle cuisine, elle repeint des étagères, elle fait de la dentelle, elle abat une ou deux cloisons, elle désherbe le potager, elle refait le toit, elle nourrit le chat, elle creuse une piscine... Vous l'avez reconnue bien sûr, Bulle l'infatigable, la femme qui me laisse toujours comme deux ronds de flan à lire ses derniers exploits. Sans blague, elle m'impressionne beaucoup, mais ce que j'apprécie par-dessus tout c'est la parfaite intégrité de Bulle, qui n'en fait jamais des tonnes, qui est toujours juste et ne connaît pas le faux-semblant, qui protège ce qui doit l'être et partage ce qui enrichit les autres. Quand j'arrêterai d'être tout le temps malade et de me plaindre, je veux devenir comme Bulle.
La kolkhozienne tendance. Serait-ce les déménagements à répétition ? La fréquentation exagérée des fanfares ? L'observation obsédante des angles morts ? Le sniffage abusif de coton liberty ? Quoi qu'il en soit, Catherine est déjantée de l'ourlet à l'encolure, et tout simplement hilarante. A lire pour se rafraîchir le cervelet de temps en temps. Ah, au fait, Catherine a un problème existentiel récurrent : envoyez-lui vos idées de menu pour gnauds affamés, entre 14 et 17 heures si possible, merci.
Le très regretté Jambon d'York.
Ce blog ne tourne plus, hélas, mais je ne pouvais pas ne pas rendre
hommage à la mère de toutes les rillettes, la grande prêtresse du
goret, la Sainte Nourine du révéré groin, MarieH tu nous manques, sans toi ni potée ni lentilles ne peuvent plus nous dérider les papilles. Snif.
Le rescapage de lambris en douze mille quatre cent vingt-cinq étapes. Si toi aussi l'ami, tu as acheté un ouvrage d'architecte sous acide, si tu rêves de contre-cloisons et de collecteurs de douche, si tu griffonnes machinalement des croquis de lavabo pendant les réunions, si ta manicurie fleure bon le white-spirit, alors l'ami ce blog est fait pour toi. Car oui, regarde, regarde bien : sous les carrelages pur jus 1974, il y a de l'espoir. Votre maison est nickel ? Je vous hais, mais vous pouvez toujours lire les aventures de Marie qui sont, par ailleurs, fort bien écrites et divertissantes.
Une petite nouvelle que donc je ne peux point la décrire, vu que je connais ce blog de deux heures seulement, mais je suis sur une excellente impression : 1/ la jeune héroïne semble avoir la langue aussi bien tournée que pendue - 2/ quelqu'un qui met les Shadoks dans sa bannière ne peut que m'être éminemment sympathique, car après tout Ga Zo Bu Meu et Plus ça rate, plus ça a de chances de réussir, sont les bases fondamentales de toute ma philosophie. Bienvenue dans mes favoris !
*Le prix Arte y pico a été créé par Eseya et comporte 5 règles :
- Choisir 5 blogs que vous estimez mériter ce prix, pour leur créativité, leur conception, le matériel intéressant qu’ils proposent, et qui contribuent à la communauté des blogueurs, quelle que soit la langue.
- Citer le nom des blogs que vous primez et placer un lien direct afin que tout le monde puisse aller les visiter.
- Montrer son prix et indiquer le nom du blog qui le lui a décerné, et placer un lien direct vers ce blog.
- Ne pas oublier le lien vers Arte y pico.
- Afficher ces règles.
Allez, la prochaine fois, peut-être du tricot (on peut rêver)
Bonne lecture tout le monde !
04 août 2008
légères aggravations
C'est très bizarre. Un moment d'inattention, quelques gentilles attentions, et crac. Le stash attaque.
Il y a quinze jours, nous avons eu la très agréable visite de Heather et Kenric au café-tricot de Bruxelles. Heather m'avait apporté cet écheveau de célibataire d'une couleur magnifique et surtout, d'une douceur incroyable. Comme toujours la complicité internationale entre les tricoteurs est passée immédiatement, d'autant plus que Heather et Kenric sont profs de français aux Etats-Unis, c'est-à-dire qu'ils causent en Voltaire comme vous et moi -- mais en mieux. Nous avons discuté des habituelles tribulations institutionnelles belges (gouvernement ? pas de gouvernement ? bah !), Heather faisait chauffer l'usine à chaussettes, et j'ai même eu le plaisir de trafiquer deux ou trois mailles sur le Shedir de Kenric (c'est fou ce que j'aime tricher dans les torsades des autres). Un très bon moment et une belle rencontre, j'espère qu'il y en aura d'autres !
Upon visiting us to the knitting cafe in Brussels, Heather very kindly gave me this beautiful Brooksfarm Solo skein, out of her personal stash. Hein ? What ? How comes I had this favoured on her Ravelry page just prior to her leaving for Europe ? (innocent look) Really, I have no idea... I was so pleased to meet her and Kenric in person, I hope this business of teaching french will need many an additional international-Belgium-based conference. Hey, if you teach french, you ought to practice with native speakers in native country with native beers and native chocolate, right ?
All right, this is an unvolontary stash expansion but we cannot find this beauty here and it's incrrrrredibly soft. I think a cowl-and-mittens combo will be a perfect use for it. Queue extended.

Et ce n'est pas tout. Mon amie Viviane m'attendait à Liège de pied ferme et elle avait pensé, très justement, que mon stock de laine à chaussette présentait quelque lacune dans ce subtil coloris. Inadmissible. Impensable. Dieu Merci, Viviane a l'oeil et le bon : et crac, in ze stash. Merci ma Vivi !
As if I wasn't spoiled enough, my friend Viviane had this awaiting for me in Liège. A perfect colour pick and all the more appreciated since I had never seen this colorway before (???!??) This is Regia 4fädig color 1903. Not that I miss sock yarn at large but I missed that one obviously. Queue extended.

Une autre qui n'a pas ses yeux dans sa poche (ni ses mains non plus d'ailleurs), c'est Madann qui m'avait réservé un petit trésor de sa production artisanale que vous n'êtes pas prêt de le voir ailleurs : de la soie tussah teintée et filée main, rien que ça! C'est très doux et comme d'habitude, les couleurs sont incroyablement raffinées. Je pense mélanger à du prune et du chocolat pour une étole crochetée, pour autant que j'ose toucher en vrai à cette petite merveille. Quand je serai grande.
Now a pure eye candy for you distant readers, for this is only available in a very restricted area in Belgium and with special introduction... This is part of the incredible hand-dyed and handspun production of Madann in Liège. Take a look on her Flickr album, then if you want some in person, we'll talk bribes. This may become a freeform crochet stole, if I can dare to touch the thing. Queue extended.

Je plaide coupable. J'ai acheté. Vous savez, vous n'êtes pas chez vous, vous visitez un magasin de laines (??), il vous faut un souvenir, etc, etc. Je ne connais pas la qualité mais j'ai adoré les couleurs.
This is the typical leisurely-shopping-around-while-in-holidays accident. To my defense : I hadn't tried this brand yet. You cannot die without trying every sock yarn out there. Or at least buying it.

Un rien plus contestable : pour éradiquer 1 pelote de KSH (la bleue), nous ne trouvons rien de mieux à faire que d'en acheter 4 autres pour aller avec. Ben tiens. D'accord, c'était des soldes.
Another typical 'dialectic' accident : when you want to destash one solitary KSH ball (the dark blue in the picture), what can you do ? Buy more mohair of course. This is supposed to become a lizard ridge something. Queue extended.
et ce n'est pas tout...
Ici mesdames-z-et messieurs un roulement de tambour... drumroll please to introduce...

Conus giganticus terribilis (apple for scary scale)
Ha-haah. Qu'esse vous dites de ça ? DEUX KILOS de fil genre dentelle 2-brins, ça nous fait combien de gigamètres ?? (ouïe mon compteur de stash va exploser). C'est un cadeau que j'ai reçu de Claude, tiré de son incroyable stock de fils parfois anciens, parfois étiquettés (les étiquettes valent aussi le détour, je les ai réservées !) parfois non, dont un stock de bonneterie dont voici un digne représentant. C'est un mélange indéterminé laine-acrylique mais malgré mon côté snob j'ai été tout de suite séduite par la finesse et la couleur, un chamois totalement chic. Je me vois bien faire un tas de choses avec ce cône. Des étoles. Des twin-set (aiguilles 0,5 mm ?) Des caleçons longs. Une seule solution : me faire mettre en tôle avec le cône.
The picture doesnt' pay justice to the hugeness of this thing. This is TWO KILOS worth of laceweight wool-acrylic blend, given to me from a very interesting stock of vintage yarns. The subtle shine and the colour are so lovely that even my yarn snobbery could not oppose my returning home with this treasure. I immediately pictured a stole. A turtleneck. A twin-set. Long Johns. Can anyone please find the end of my queue ??
Happy stashing everybody !
;-)



