22 février 2007
je range les aiguilles mais je ne baisse pas la garde
Bonjour tout le monde ! Le mauvais moment est venu, j'en suis arrivée à cette décision cruelle mais nécéssaire: on range les aiguilles, les patrons, les pelotes et tout le bazar pendant un certain temps, histoire de s'occuper des gros chantiers et faire avancer ce merdier dans lequel je me suis fourrée. Maison, boulot, études, santé, je dois me coller sur tous les fronts cette année, alors le temps est vraiment, vraiment compté. Fini de rire!
Je suis triste mais je ne vois pas comment faire autrement... et d'autant plus triste que j'ai trouvé ici beaucoup d'échanges et de soutien, et vous allez me manquer. J'espère donc être suffisemment efficace et ne pas jouer de trop de malchance pour pouvoir revenir... un jour... pas trop tard...
A part ça, le monde continue de tourner, et il tourne au vinaigre si vous voulez mon avis. J'ai donc décidé d'ouvrir un blog séparé pour pouvoir râler et rouspéter tout à mon aise, sans désorienter les visiteuses qui viennent ici chercher une recette de chaussette et doivent se farcir inopinément des histoires de passoires chinoises...
Presque chaque jour, je reçois une nouvelle alarmante, presque chaque jour je me mets en colère. Eh bien, autant que ça serve. Je mets à profit mon légendaire mauvais caractère pour ouvrir rouscaille. Si vous en avez comme moi ras le bol d'être manipulé du matin au soir et de voir votre liberté de choix, d'action et de pensée tous les jours un peu plus rabotées, j'espère vous retrouver là-bas et pouvoir de temps en temps y être utile.
Et surtout, si cela vous parle, le plus important est de faire passer. Beaucoup se taisent et se demandent quoi faire... Faire circuler l'information est le meilleur moyen d'aider ceux qui voudraient, qui pourraient agir. En terme de société tous les mouvements ont leur importance. Il faut croire en l'effet papillon!
Merci à tous et merci pour tout !
Très bon week-end et plein de bonnes choses ;-)
14 février 2007
le blog qui tricote est mort, le blog qui rouspète reste ouvert
Update: si vous voulez écrire à un député européen, ça se passe à la commission de l'Agriculture.
Vous pouvez voir leurs profils et accéder aux rapports ici. Il est possible de s'adresser directement par e-mail à certains députés.
Encore une annonce catastrophique que je m'empresse de relayer.
Un nouveau texte législatif sur l'agriculture bio est en passe d'être voté au Parlement européen.
Les morceaux de choix ;
- l'utilisation de substances chimiques de synthèse n'est plus clairement interdite (!!!)
- la pollution des produits bio par des OGM y est tolérée jusqu’au seuil de 0,9% (Pourquoi pas 0,99% comme dans les promos?)
- pire de chez pire : le développement de cahiers des charges bio, nationaux ou privés, plus stricts et plus adaptés aux régions que le nouveau cahier des charges européen 'laxiste', n'est plus autorisé.
C'est la mort du bio tel que nous, les gens d'en bas, le comprenons.
Rouspétez. Pétitionnez. Merci !
10 février 2007
contente la fille
Ben tiens, aujourd'hui je me sens de bonne humeur. (N'appelez pas encore les premiers secours, ça va sûrement pas durer).
Le vent tourne, doucement. J'ai comme ça des indices... des petits quelque chose...
1/ J'ai découvert qu'il y a chez nous une coalition d'agitateurs décidés à exiger l'étiquetage distinctif des denrées véhiculées par voie polluante. Il y a une pétition en ligne. Je vous recommande particulièrement la lecture de l'article qui a lancé le mouvement. Dans le genre horreur économique, c'est presque aussi gratiné que le coup des OGMs.
2/ La justice vient enfin d'accorder le droit aux associations de citoyens d'exiger les astreintes pour les déplacements aériens qui enfreignent les normes de bruit au-dessus de nos têtes. Je ne sais pas quelles seront les retombées immédiates, mais cette annonce fait date dans un dossier qui est un exemple de pourrissement politique et de mépris des citoyens depuis des années.
3/ Je fais mes courses dans les petits magasins bio et j'observe... j'observe qu'il est loin, le temps où ces boutiques vendaient péniblement quelques sacs de boulghour et de l'agglomérat de tofu sédimenté à une poignée de clients plus ou moins hagards, gavés de macrobiotique et rongés par la terreur du cancer. Les magasins bio, chers amis, sont pleins à craquer, et tout le monde y va: les bobos, les bourgeois, les vous-et-moi, j'y ai même vu des cadres exécutifs acheter leur yaourt sur l'heure de midi et papoter avec l'épicier - des habitués, quoi. A se demander si à force de nous vendre des cochoncetés les grandes filières de la bouffe ne sont pas en train de vraiment se tirer une balle dans le pied. Hé hé.
4/ Non seulement il faut à toutes forces soutenir le petit commerce mais figurez-vous que dans le petit commerce, il y a des gens formidables. Ma bouilloire électrique m'a lâchée récemment et je voudrais racheter une bouilloire siffleuse, tout simplement. Et bien sûr, je me suis lancé un défi : puis-je acheter une bouilloire qui ne soit pas fabriquée dans l'Empire du Milieu de l'Inoxydable?
J'ai carrément posé la question dans une droguerie-casserolerie ce matin.
Une femme charmante a écouté ma demande sans s'esclaffer, est montée sur son échelle pour ausculter les cartons d’emballage (made in : silence total),
a retourné toutes ses bouilloires pour leur lire le cul (made in : secret d’état),
et a même proposé de me noter le nom des marques sur un papier pour que je puisse interroger le service clientèle des firmes concernées. Alors ça c'est ce que j'appelle de la courtoisie et du service! J'ai eu l'impression qu'elle était bien de mon avis...
Du coup, munie de ma liste et de ma connection internet, je me suis mise en position de tir. Allons-y :
Dear Sirs,
This message is to manifest my interest in your products and my wish to make an informed purchase.
I was willing to buy a **marque** kettle this morning, but neither the shop assistant neither myself could find on the package nor on the item any indication regarding the production location.
I am personally more and more concerned with the ecological, economical and social implications of my consumer's choices. Therefore, buying a product without knowing its origin is no longer an option.
I am a long time admirer of the beautiful design of your products **enfin ici on met un peu ce qu'on veut** and would be very grateful to obtain a truthful information from your part.
I thank you in advance and I am looking forward to hearing from you,
Sincerely,
Et crac. Bien sûr, si je suis toute seule à le faire, ça va les faire rigoler chez Machin Chouette Duralux Belinox. Mais imaginez qu'on s'y mette à cent... à mille... à dix mille...
D'autant que pendant ce temps ma chère maman, à qui j'avais passé le briefing, interrogeait une charmante commerçante à l'autre bout du quartier. (Ça va finir par s'ébruiter. "Ah toi aussi ? Et qu’est-ce qu’elle t’a demandé ? … une bouilloire ? Bon sang, c’est un gang !") Elle a été également super bien accueillie et nous avons même quelques débuts de pistes...
Si ça se trouve, je vais finir par avoir une bouilloire (et peut-être même une passoire). O glorious day.
Ne nous affolons pas. Il y aura bien quelque chose pour me remettre de mauvais poil dès demain. Rester optimiste trop longtemps est sûrement très mauvais pour mon cholestérol et tous mes autres index glycémiques...
N'empêche que, je trouve que ça fait déjà pas mal de petits signes encourageants.
Miss Grodule vous remercie du fond du coeur
Comme toujours, vous êtes adorables et je vois bien que vous essayez de me remonter le moral (ce qui est très dangereux, voir plus haut). C'est vrai qu'elle est pas si mal cette écharpe, et en plus elle me tient bien chaud. En l'occurence remarquez que le prix Grodule récompense surtout la disproportion démesurée entre les efforts et le résultat. Pendant que j'ai produit une grosse écharpe à floches en proférant plus de jurons que le Capitaine Hadd*ck, d'autres en profitent pour faire trois châles et un-demi fair isle...
Chapeau bas à Urraca - toujours aussi perspicace - et dont la proposition rusée est, à mon avis, la plus proche d'une solution au problème de l'infernal point croisé!
Merci de votre visite et bon dimanche!
05 février 2007
la guerre des étiquettes, c'est pas fini
Dans mon bon biscuit "diététique" que je boulotte en ce moment, y en a ou y en a pas ?
J'ai nommé : les ogm, cheval de troie du grand agrochimique qui vient d'être condamné à une amende ridicule pour nous avoir déjà menti sur son pesticide de masse.
Vous êtes sans doute nombreux à avoir reçu le message ce matin, mais je relaye quand même : un reportage édifiant sur la politique d'implantation des ogm en France et les études scientifiques glissées sous le tapis, à voir vite si possible, ça va pas rester en ligne des éternités:
Les OGM sont ils dangereux pour la santé? L'étude qui accuse
Et comme d'habitude, maintenant, je fais quoi ?
Je sors ma loupe et je persévère avec mes sales petites manies, ha !
Devenir détective ogm
La liste des marques dressée par Greenpeace
Le guide des produits canadien
Les ogm aux champs
...
Il ne vous reste plus qu'à faire encore un peu de gougle pour en trouver davantage. Une chose est sûre: le métier de consommateur devient vraiment très compliqué - et quand on pense qu'on paye pour le faire !!
Happy shopping, citoyens
01 février 2007
pourquoi je n'ai pas relayé les cinq minutes
La grande affaire ces derniers jours, c'était l'extinction générale aujourd'hui entre 19h55 et 20h00. Tout le monde le doigt sur l'interrupteur, prêt...
Eh bien non, je n'ai pas eu envie de faire le relai. Cette opération
n'a pas réussi à me séduire, ce serait plutôt le contraire... Je m'explique
(attention je vous préviens, j'y vais pas avec la pince à sucre)
Il y a eu de l'enthousiasme dans l'air. Tout le monde a eu envie de participer, apparemment (même au bureau ils en ont parlé, c'est vous dire). Evidemment, c'est facile d'éteindre la lumière cinq minutes tous ensemble en criant youpie et en se tapant dans le dos. C'est assez rigolo, et on peut même repérer dans la rue les salauds de voisins qui ne jouent pas le jeu. A 20 heures, on peut encore se payer le luxe de rallumer la télé. Vraiment, quelle bonne idée.
Franchement, c'est pas du militantisme, c'est de la gesticulation.
"Attirer l'attention des dirigeants". C'est marrant à quel point on laisse les dirigeants diriger. Baisser le chauffage, rouler moins vite, préférer le train à l'avion pour les petites distances, réutiliser les sacs plastique, ne pas manger des tomates en hiver et des choux de Bruxelles qui viennent du Guatemala ou encore de la bidoche tous les jours, vérifier la provenance de ce qu'on achète en général, tout ça c'est trop difficile pour nous. Laissons toute l'affaire aux dirigeants. Eteignons cinq minutes, s'ils ne voient pas à quel point on est motivés, eh ben au moins on aura essayé.
Soyons sérieux! Nous sommes tous pris au piège dans ce système économique global, d'accord, mais l'agent économique, c'est nous. C'est nous qui achetons des merdes jetables, des vacances dix fois par an pour certains, des crevettes de la mer du Nord épluchées au Maroc, de la laine norvégienne expédiée en France après un tour par les Etats-Unis (désolée les tricoteuses, mais avouez que ça c'est bien nous)
Toutes ces babioles ont un prix. Voilà trois mois qu'il me manque une passoire fine pour laver mes lentilles (c'est bon les lentilles, c'est plein de fer et avec du riz ça fait une protéine complète, et quand vous avez un emprunt sur le dos ça nourrit pas cher). Voilà qu'au super du coin* je vois une belle passoire,
16 euros 95 - pas donné tout de même - un coup d'oeil sur l'étiquette : made in China. J'en conclus :
- Que le machin sort de l'usine à trois ou quatre euros graaaand max
- Que l'usine doit appliquer un règlement social très dix-neuvième (siècle) et que pour ce qui est de ses obligations en terme de gestion des polluants, ça reste à voir
- Que ça vient de loin et donc ça brûle encore du fossile en chemin
- Allez savoir pourquoi, je ne parviens pas à frétiller d'enthousiasme quand je soutiens l'économie d'un pays qui massacre le Tibet, laisse crever plusieurs milliers d'ouvriers dans ses mines de charbon chaque année et abandonne à leur sort les paysans contaminés par le sida pour avoir vendu leur sang - entre autres joyeuses fantaisies
- Que j'en ai un peu marre que le super me prenne pour une gourde en me vendant 16,95 euros un truc qui lui en a coûté 6 ou 8 à tout casser (et vous pouvez étendre le calcul à tout ce que vend le super, inclus et y compris l'étranglement des producteurs locaux) et qui bien entendu, est le SEUL produit disponible (à l'exception de la passoire en plastique made in China à 4 euros, celle-là doit sortir d'usine à vingt centimes)
- Que ça a contribué à l'extinction d'une unité de production en Europe et bien évidemment, encore mis des gens sur le carreau (mais ce n'est pas grave, dans dix ans ici en Europe nous serons tous chirurgiens de pointe ou ingénieurs en fusion nucléaire, oyé)
Ça ressemble à du foutage de gueule ? Vous avez raison: c'est du foutage
de gueule généralisé. Et voilà pourquoi j'ai toujours pas de passoire, vu que j'arrive à survivre sans.
*Je suis d'accord, j'ai rien à faire dans un super. C'est que je ne suis pas encore arrivée à décrocher du chocolat ultra-noir industriel. Je suis faible, moi aussi.
Alors oui je crois qu'on a tous quelque chose à faire, mais ça ne
se passe pas le 1er février entre 19h55 et 20h00. Ou bien chacun prend sa part de responsabilité, ou bien on admet qu'on a le monde qu'on mérite.
Vu qu'au bout du compte, c'est de toutes façons ce qu'on aura.
**
Comme vous n'êtes pas obligés de me croire sur parole, je vous mets quelques liens vite fait mais je compte récidiver. Histoire de mieux faire comprendre pourquoi je suis une obsédée des étiquettes...
Tibétains tirés comme des lapins
Au charbon pour nourrir la croissance
Le secteur minier le plus dangereux du monde
Le sang contaminé de la Chine
Allez, paix et tricot à tous !
;-)
20 novembre 2006
sos services postaux
Je vais faire sobre : projet de directive européenne pour la libéralisation intégrale des services postaux. Menace en clair : plus de facteur dans les zones pas rentables...
Vous pouvez protester en ligne ici.
19 septembre 2006
ici panier rebelle
Suite du billet précédent: alors, je fais quoi?
Eh bien je dois avouer que j'ai tout de même fait mes courses au supermarché (faible créature des villes que je suis) mais que j'ai négocié mon caddie avec une résistance stoïque.
Faut dire que cela aide beaucoup d'avoir pris récemment la décision de tenter l'alimentation hypotoxique - aussi connue sous le terme de "régime paléolithique". Et dans le genre consommation dissidente, l'option paléolithique fait très fort. Jugez plutôt :
- lait, laitages, fromages et danoneries en tous genres : niet
- pain, cracottes, biscuits, céréales et autres barillas : que dalle
- confiserie, chocolat (bouh-ouh), confitures, compotes, jus de fruits : n'y pense même pas
- charcuteries cuites, plats préparés, conserves : et quoi encore??
Bon. Voilà déjà deux cent mètres carrés de surface de vente qui passent à la trappe (et tout un tas de grandes marques, ha ha). Je n'ai plus qu'à aller me défouler au rayon des fruits et légumes bio (une entorse pour les oranges à jus, tout de même). Des bananes, tant pis si elles viennent du bout du monde (peut-être qu'avec le réchauffement climatique les bananes et le café finiront par être écologiquement acceptables). Du jambon cru avec conservateur mais sans sucre (influence néfaste de la considération "endettement pour 20 ans", le jambon sans additif étant carrément luxueux) Du lait de soja pour le café. Des noix et des noisettes. Des patates!
Pour les céréales paléolithiquement correctes (riz, sarrasin), la quinoa, le miso, la pâte de sésame: au magasin bio.
C'est marrant, ça vous fait un tas de provisions sans le moindre emballage carré dans les coins. Pas une seule liste des ingrédients à lire (si, celle du jambon: deux lignes). Des déchets plein d'épluchures : vivement dans la maison que tout ça file au compost.
Sans pâtes et sans chocolat, la lutte va être dure. J'essaye de virer aussi les sucres rapides parce que mon cerveau y est particulièrment accro. Et toutes les occasions sont bonnes pour rééduquer mon cerveau, ce faiseur d'embrouilles.
Par exemple, je suis encore en train de recommencer Kongle (c'est le jour des aveux). Et ma dentelle est en plan. Et j'ai toujours pas fini la chaussette en bambou. Et si c'était tout la faute au glucose ? hein ?
Tout de même, c'est dur la résistance. Surtout à l'heure du dessert...
15 septembre 2006
la gueulante du jour
Parce qu'on ne sera jamais de trop à relayer cette information, déjà vu cette semaine chez Sofye et chez Nath, le délire homologuiste qui frappe en ce moment dans les cultures et les jardins :
Eau bouillante, vinaigre et purins interdits au jardin !? (voir l'excellent article de l'excellent Raffa blog)
Pour faire court. Désormais en France (et ailleurs?) sont déclarées illégales toutes les pratiques et les semences non homologuées. L'homologation est une procédure lourde et très coûteuse, barrant efficacement la route aux popotes artisanales et aux semences de petits producteurs ou de variétés anciennes. On voit tout de suite à qui profite le crime. Avec ce genre de règlementations l'avenir est assuré pour la tomate R415 (rubiconde hiver comme été, imputrescible, indéformable, n'a même pas besoin d'être épépinée) et le maïs tellement transgénique qu'il poussera bientôt en boites (en pompant toujours à mort les nappes phréatiques).
Les grands intérêts économiques, chers amis, sont en train de nous bouffer tout crus. Ils ont déjà réussi dans la pénurie du travail, l'uniformité des désirs, l'obésité infantile, le réchauffement climatique. On va les laisser faire jusqu'où, comme ça? On fait quoi??
Vous pouvez déjà signer la pétition et, comme le suggère Nath, écrire à vos représentants. Ou soutenir Kokopelli qui est traînée en justice pour vendre des semences "non-inscrites". Merci à La Harpe pour ces billets.
Une autre fois, du tricot.
Bon week-end, tout de même!

