29 octobre 2007

un enthousiasme maternel débordant

Réaction de ma mère hier en tombant nez-à-nez avec le rouet et sa croix d'écheveaudage :

"C'est pas vrai !!! Tu recommences avec tes morceaux de bois ?!? .....
[ silence accablé ]..... Enfin - elle s'en va chercher une cigarette - ça te fera toujours de quoi te chauffer."

Bon. Au moins les présentations sont faites.

Posté par knitchy à 09:37 - filage - c'était fatal ! - Commentaires [22] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


22 septembre 2007

nouillette redécore son salon

Nouillette, c'est mon nom de guerre sur le forum du filage. Voilà un pseudo qui me convient à merveille : nounouille, niguedouille, diguedondaine, dongue dongue.

Car la nouillette est encore plus atteinte que la tricoteuse. En vacances chez une fileuse de grand talent, elle fait du lèche-vitrine chez le droguiste et le quincailler ("Oh les beaux clous, ça ferait un peigne à mèche, ça ?" "Ah, l'huile de Sumatra, il n'y a pas mieux comme masque de beauté" etc, etc)

Rentrée de vacances, la nouillette se métamorphose en Johnny-qui-bricole, vous savez, le type qui hante les rayons du super-brico des heures durant en short et marcel, et décide qu'il ne peut rentrer chez lui elle sans la PMF-180E (si pratique, n'est-ce pas) ou la 8270D et ses 80 embouts...

etabli
Non content de s'équiper en foreuse, la nouillette ramène encore chez elle un établi pliant. L'établi pliant, chers lecteurs, c'est le bonheur fou, le nirvana du Johnny-qui-bricole. Déjà, il faut passer la matinée à le sortir de sa boîte et à le monter, perdre un écrou dans le pied tubulaire, faire tomber le plateau dans la cuisine en renversant le dit pied tubulaire et tout l'engin qui va avec, ramper avec le tournevis dans la bouche pour retrouver l'écrou et ainsi de suite (un excellent entraînement pour le déroulement ultérieur de ses heures de loisirs).

La nouillette passe encore un temps considérable au rayon écrous et tiges filetées, parce que s'il y a bien un truc commun à toutes les activités, c'est que dans votre stash il n'y a JAMAIS la vis papillon ad hoc. Et pourtant, du stash de Johnny-qui-bricole, j'en ai.
stash_clous

et j'avance des preuves

ze écheveaudoir
Bref. Le sac de mon aspirateur est à présent rempli de sciure, et tout ça pour quoi ? Pour cet objet qui orne désormais mon salon et dont le côté hautement design et décoratif, disons-le, frappe d'emblée (bing).

J'ai fait beaucoup d'efforts mais pour ce qui est de mon avenir dans la menuiserie-
ébenisterie, c'est pas encore gagné. 'Y a pas un tenon sur ce machin qui est planté droit (bon sang de bong sang, il va falloir encore acheter une perceuse à colonne ?!?), quant à faire tourner ce truc sans se faire prendre dans la logique implacable du pas de vis (tu tournes à droite, ça bloque, tu tournes à gauche, ça tombe), ça n'a pas été une mince affaire.

Mais il tourne. Et cet engin diabolique peut parfaitement remplir la fonction pour laquelle il semble avoir été créé : instrument de torture pour écheveaux récalcitrants ('faut dire qu'il n'y a qu'à le regarder pour se sentir défrisé, hé hé)

Là où je suis très contente, c'est d'avoir trouvé l'inspiration en furetant sur le ouèbe pour les tenons coulissants. En clair: le règlage est totalement flexible et de 50 à 180 cm, aucun écheveau n'y échappera, nierk, nierk.
echeveaudoir_details
Sans compter que cela permet de faire un écheveau, le laver et le bloquer et le remettre sur l'écheveaudoir quelles que soient les variations de son tour de taille. Bien que la réalisation laisse un peu à désirer, j'aime bien le principe. Tant qu'on essaye pas de tendre des écheveaux en laine d'acier, la résistance des vis papillon est largement suffisante.

prothèse-à-Louetprothèse camouflée
Une des difficultés majeures dans la réalisation de cet ouvrage d'art a été de planter tout le bazar fermement sur le Loulou. Ici nous avons fabriqué une prothèse particulièrement hideuse, laquelle a ensuite été habilement camouflée. Du design de haute volée, je vous dis.

Conclusion ? Déjà que le Louët est un objet de décoration improbable, avec ce formidable appendice en promontoire, je ne sais pas... on approche de l'installation muséale, non ? D'ici à ce que je m'achète un fer à souder, je vais bientôt me prendre pour Jean Tinguely.

Et le tricot, dans toute cette affaire ? Hein ? Quoi ?? Je ne vous entends pas bien. Je dois encore avoir de la sciure de bois dans les oreilles.

Bon dimanche à tous !

Posté par knitchy à 19:27 - filage - c'était fatal ! - Commentaires [29] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 août 2007

Ce matin j'ai sorti une mèche de coton hydrophile d'un flacon de médicaments et j'ai commencé à tirer dessus et à filer un brin. This morning I tore a piece of cotton wool out of a pill bottle and started gently to spin it.

Help.

Posté par knitchy à 11:33 - filage - c'était fatal ! - Commentaires [20] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 août 2007

ri-di-cule !

Toute cette hisoire de filage est ridicule, d'ailleurs je le dis depuis le début.
Il y avait déjà des mimines sous les radiateurs, maintenant il y a des moutons bleuâtres dans tous les coins. Et puis ce rouet au milieu du salon. Grotesque. Et ce tas de toisons en plus des pelotes... C'est supposé faire Conran shop ou quoi ? Pffffff.

Après l'espoir, la débâcle

Ben oui, ça ronchonne ferme chez Knitchy, vu que mon joli célibataire mérinos, le retors venu, j'en ai fait une immonde ragougnasse. Que s'est-il passé ?? Tout d'abord, j'ai voulu faire la maline en filant plus fin que ce dont je suis capable. J'ai fait des raccords quasiment illicites à la limites des règles de physique les plus élémentaires : "Ô vous trois fibres de rien du tout sur trois centimètres de long, par la seule puissance de ma volonté, tenez ensemble !" - "Cause toujours" répondent les fibres en question. Et au retors, crac, il y a de la casse.

Avec ça, j'ai vraiment retordu comme une *$!§* parce qu'un coup c'est vrillé comme s'il fallait se pendre après, un coup c'est carrément pas retordu du tout. Pouah pouah pouah. C'est pas un écheveau, c'est de la choucroute.

ech_4détail
Autre amère désillusion, je n'aime pas du tout l'effet bicolore obtenu avec des couleurs très contrastées. Si c'est pour en arriver là, autant acheter tout de suite de la Regia Mouliné. Non mais. Si jamais cette folie devait me reprendre, je retiens : les fondus sur la mèche, les contrastés sur l'écheveau.





Bref, triste affaire que ce filage. Mais tout ça n'a aucune importance, car à présent j'ai retrouvé le chemin de la raison. Fini ces sottes fredaines, place à une activité saine et constructive. Car j'ai enfin trouvé ma vraie vocation :
menuiserie_1
Menuiserie ! Et ce qui est bien, c'est que pour le bazar et les déchets, on n'est pas dépaysé du tout.

(Et quand on pense qu'on a même pas encore eu de canicule)

Posté par knitchy à 22:01 - filage - c'était fatal ! - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 août 2007

fille perdue - la souite

Or donc résultat des premiers pédalages chez Florence, ze écheveau d'au moins trois mètres vingt-cinq, entre 32 et 0,4 wpi à vue de nez 1er écheveau

Pour un look pro, ne pas oublier le cure-dents

C'est marrant parce que très vite en ramassant les bouts de mèches qui volent dans tous les coins, on peut s'amuser à mélanger les fibres et les couleurs. Ça n'aide pas l'ordonnance dans le jardin de Florence mais qu'est-ce que c'est ludique !

Dimanche, journée consacrée à la teinture naturelle (enfin c'était le programme de Florence, mais obsédée que j'étais par mes affaires de torsion et de pédalage, je n'ai pas tardé à prendre des chemins de traverse).
Du coup je ne sais pas très bien ce qui s'est passé, sauf qu'il a été question de broyer 300gr de cochenilles pour faire une teinture à 30% (soit 30% du poids de laine sèche en matière tinctoriale), mais qu'après quatre ou cinq heures de broyage de rouge tout le monde à décidé que 20% ça irait très bien aussi. (D'ailleurs la suite nous a donné raison)

"Euh, ça va comme ça Madame Florence ?"  "Plus fin"
(broie, broie, broie)  "Et comme ça ?" "Encore un peu plus fin" (etc, etc)

Je peux vous dire que quand on broie de la cochenille, le premier qui éternue peut s'attendre à avoir des ennuis. Après tous nos efforts, les 200gr de poudre ultra-fine ont fini dans la casserole et pendant que la soupe de laine à la cochenille trempait, nous avons profité d'un excellent barbecue.

Avec ça, moi je veux bien faire de la teinture naturelle mais surtout si je peux mettre du filage-main dedans. Donc je me suis débrouillée pour garder un Louët à portée de main (rien d'étonnant que Florence ait eu l'impression d'avoir affaire à une élève un peu indisciplinée) et filer et retordre dare-dare ma laine à feutrer achetée chez Véritas, juste à temps pour la mettre dans le chaudron avec les 24 autres écheveaux. Ypeee !
écheveau à la cochenille Je ne l'aurais pas vu faire, je ne croirais jamais que l'intensité de cette couleur provient d'une teinture naturelle. Entre la nature des fibres et le jeu des différents mordançages (avant et/ou après teinture), c'est incroyable la variété des couleurs qu'on a obtenu. Voyez un peu ces merveilles, je vous renvoie directement vers les photos de Florence, ici et ici.

Par contre, je ne sais pas si c'est parce que je suis très peu portée sur les couleurs roses, où si c'est parce qu'il a fallu deux casseroles de quarante litres plus trois fois autant de bidons de rinçage (sans compter l'essoreuse professionnelle!), mais la teinture à la cochenille en appartement, j'hésiterais (pour vos rinçages, prévoyez tout de suite une baignoire de rechange). Dieu merci, il est aussi possible de faire de bien belles choses sans sortir les grands moyens, comme on verra pas plus tard que tout de suite, hé hé.

Où ça, un lapsus ?

Eh oui, Val, Dominique, teinture, j'ai bien dit teinture... Depuis que j'avais vu certain de ces écheveaux en vrai au pique-nique des fileuses, le ver était dans le fruit. Après le week-end chez Florence, hop, en route vers le Little Gem et sa magicienne du Dupont et Dupont...
Ici, place à la Teinture Fonctionnelle en Appartement, qu'il s'agisse des teintures alimentaires comme en vend Florence ou des teintures pour soie Dupont, c'est facile et ça offre de très belles possibilités. laine et soie _1

Mèche de laine et soie, barbouillage au pinceau

On mouille la mèche, on pose sur un film alimentaire, on peinturlure avec la teinture diluée ad hoc. laine et soie_2

flitch, flitch

On referme le film alimentaire et on écrase bien pour répartir la teinture. laine et soie_3

sprouïtch

On roule pour faire un beau boudin, dans un tupperware couvert, trois fois trois minutes à 750 Watts au petites-ondes (pas 1000 Watts sinon le film fond et on se lance dans la thermoplastie), et roule raoul, de la belle teinture maison. teintures_1

A gauche du mérinos taupe et bleu, à droite la laine et soie barbouillée ci-dessus

Après sortie du four et rinçage prudent, la surprise est toujours au rendez-vous car les couleurs prennent de façon très différente selon le pigment, la fibre, la dilution et le sens du vent. J'ai entrepris de noter mes différents mélanges et de garder des échantillons, mais la magie de la couleur ne vas pas sans une part de hasard. (Ça me rappelle les grands temps de l'imprimerie quand on n'arrivait jamais à avoir la même couleur Pantone deux fois de suite et qu'il fallait expliquer au client que vu les variations hygrométriques, il ne devait pas s'attendre à avoir le même logo en hiver qu'en été...)

Chez Anne j'ai aussi pédalé ferme sur son Little Gem (attention c'est là qu'on prend des goûts de luxe) et voici le résultat des deuxième et troisième bobines. ech_3
J'aime bien les couleurs mais c'est évidemment très loin d'être assez fin ou assez régulier à mon goût. Fidèle à mes habituelles contradictions névrotiques, je veux filer main pour faire du fil machine (ben voyons). Sans compter que ce fil a beaucoup de vrais défauts techniques. Entre autres choses, Florence soupçonne que je file un peu trop serré. Tiens, tiens, tiens...

Mais le vrai coup de Jarnac de toute cette affaire, et là où les griffes du destin se referment définitivement sur votre dévouée, c'est que comme par hasard, Florence avait cette semaine-là un Louët S10 d'occasion à vendre. J'ai fait semblant d'hésiter trois jours, mais bien entendu que je ne voulais pas rentrer chez moi sans lui. Impensable.

Au célibataire : le mérinos taupe et bleu

Et voilà, maintenant il est chez moi, mon Louët, mon Loulou, mon Clouc-Clouc, mon Clouquinet (bon, pardonnez mais ici ça déboîte légèrement, on ne peut pas attendre d'une fileuse d'avoir une relation impersonnelle avec son engin, d'ailleurs quand Bulle a célébré y a pas longtemps l'anniversaire de son Loulou je me suis interrogée, maintenant je comprends tout !)

Et pour couronner le tout, je ne suis pas rentrée de Stoqueu sans gaver mon coffre de mèche et de fibre (de mesquines considérations fnancières m'ont portées à investir dans de la mèche plutôt que dans les cardes à main, pour commencer) ce qui fait qu'à présent dans mon salon, non content de trébucher sur vingt-quatre pelotes de laine à chaussettes, un kongle en souffrance depuis 2005, une étole en dentelle à peu près aussi ancienne, un échantillon Inishmore en plan, un tas de Licorne en détricotage et quelques autres broutilles, on se casse également la bobine sur un rouet et trente-cinq litres de fibres. Oyé.

Très bon dimanche à tous au soleil !

Posté par knitchy à 14:14 - filage - c'était fatal ! - Commentaires [19] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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