10 février 2007

contente la fille

Ben tiens, aujourd'hui je me sens de bonne humeur. (N'appelez pas encore les premiers secours, ça va sûrement pas durer).

Le vent tourne, doucement. J'ai comme ça des indices... des petits quelque chose...

1/ J'ai découvert qu'il y a chez nous une coalition d'agitateurs décidés à exiger l'étiquetage distinctif des denrées véhiculées par voie polluante. Il y a une pétition en ligne. Je vous recommande particulièrement la lecture de l'article qui a lancé le mouvement. Dans le genre horreur économique, c'est presque aussi gratiné que le coup des OGMs.

2/ La justice vient enfin d'accorder le droit aux associations de citoyens d'exiger les astreintes pour les déplacements aériens qui enfreignent les normes de bruit au-dessus de nos têtes. Je ne sais pas quelles seront les retombées immédiates, mais cette annonce fait date dans un dossier qui est un exemple de pourrissement politique et de mépris des citoyens depuis des années.

3/ Je fais mes courses dans les petits magasins bio et j'observe... j'observe qu'il est loin, le temps où ces boutiques vendaient péniblement quelques sacs de boulghour et de l'agglomérat de tofu sédimenté à une poignée de clients plus ou moins hagards, gavés de macrobiotique et rongés par la terreur du cancer. Les magasins bio, chers amis, sont pleins à craquer, et tout le monde y va: les bobos, les bourgeois, les vous-et-moi, j'y ai même vu des cadres exécutifs acheter leur yaourt sur l'heure de midi et papoter avec l'épicier - des habitués, quoi. A se demander si à force de nous vendre des cochoncetés les grandes filières de la bouffe ne sont pas en train de vraiment se tirer une balle dans le pied. Hé hé.

4/ Non seulement il faut à toutes forces soutenir le petit commerce mais figurez-vous que dans le petit commerce, il y a des gens formidables. Ma bouilloire électrique m'a lâchée récemment et je voudrais racheter une bouilloire siffleuse, tout simplement. Et bien sûr, je me suis lancé un défi : puis-je acheter une bouilloire qui ne soit pas fabriquée dans l'Empire du Milieu de l'Inoxydable?
J'ai carrément posé la question dans une droguerie-casserolerie ce matin.
Une femme charmante a écouté ma demande sans s'esclaffer, est montée sur son échelle pour ausculter les cartons d’emballage (made in : silence total),
a retourné toutes ses bouilloires pour leur lire le cul (made in : secret d’état),
et a même proposé de me noter le nom des marques sur un papier pour que je puisse interroger le service clientèle des firmes concernées. Alors ça c'est ce que j'appelle de la courtoisie et du service! J'ai eu l'impression qu'elle était bien de mon avis...
Du coup, munie de ma liste et de ma connection internet, je me suis mise en position de tir. Allons-y :

Dear Sirs,

This message is to manifest my interest in your products and my wish to make an informed purchase.
I was willing to buy a **marque** kettle this morning, but neither the shop assistant neither myself could find on the package nor on the item any indication regarding the production location.

I am personally more and more concerned with the ecological, economical and social implications of my consumer's choices. Therefore, buying a product without knowing its origin is no longer an option.

I am a long time admirer of the beautiful design of your products **enfin ici on met un peu ce qu'on veut** and would be very grateful to obtain a truthful information from your part.

I thank you in advance and I am looking forward to hearing from you,

Sincerely,

Et crac. Bien sûr, si je suis toute seule à le faire, ça va les faire rigoler chez Machin Chouette Duralux Belinox. Mais imaginez qu'on s'y mette à cent... à mille... à dix mille...

D'autant que pendant ce temps ma chère maman, à qui j'avais passé le briefing, interrogeait une charmante commerçante à l'autre bout du quartier. (Ça va finir par s'ébruiter. "Ah toi aussi ? Et qu’est-ce qu’elle t’a demandé ? … une bouilloire ? Bon sang, c’est un gang !") Elle a été également super bien accueillie et nous avons même quelques débuts de pistes...

Si ça se trouve, je vais finir par avoir une bouilloire (et peut-être même une passoire). O glorious day.

Ne nous affolons pas. Il y aura bien quelque chose pour me remettre de mauvais poil dès demain. Rester optimiste trop longtemps est sûrement très mauvais pour mon cholestérol et tous mes autres index glycémiques...

N'empêche que, je trouve que ça fait déjà pas mal de petits signes encourageants.

Miss Grodule vous remercie du fond du coeur

Comme toujours, vous êtes adorables et je vois bien que vous essayez de me remonter le moral (ce qui est très dangereux, voir plus haut). C'est vrai qu'elle est pas si mal cette écharpe, et en plus elle me tient bien chaud. En l'occurence remarquez que le prix Grodule récompense surtout la disproportion démesurée entre les efforts et le résultat. Pendant que j'ai produit une grosse écharpe à floches en proférant plus de jurons que le Capitaine Hadd*ck, d'autres en profitent pour faire trois châles et un-demi fair isle...

Chapeau bas à Urraca - toujours aussi perspicace - et dont la proposition rusée est, à mon avis, la plus proche d'une solution au problème de l'infernal point croisé!

Merci de votre visite et bon dimanche!

Posté par knitchy à 19:48 - ça suffit! - Commentaires [5] - Permalien [#]

Commentaires

    Ben je voudrais pas te rabattre le moral, mais je doute fort qu'une bouilloire fabriquée en UE le soit réellement d'un bout à l'autre de la chaîne. Quant on sait comment fonctionnent les entreprises (elle achètes les poignées en plastique d'un côté, le thermostat de l'autre).
    Maintenant, je vois de plus en plus "assemblé en France" sur les produits... on joue sur les mots !

    Quant aux grandes marques du bio, à mon humble avis, même combat que les autres grandes marques "non bio".

    Posté par Sandrine Tricof' , le 11 février 2007 à 09:02
  • snif...

    Bon, pour ce qui est du bio il ne faut naturellement pas acheter Cere*l... qui appartient à Novartis par exemple, ou Wessanen (Bj*rg, Gaylord H*user, T*artex, Evern*t...) référencé pour trois pollutions notoires. Le meilleur moyen semble de retourner à ses couteaux et ses fourneaux car ces marques sont surtout puissantes dans le produit transformé.

    Pour s'y retrouver dans la jungle des marques:
    http://fr.transnationale.org/rating/entreprises_0.htm

    Posté par Knitchy , le 11 février 2007 à 10:42
  • Je propose aussi l'étiquetage "bateau rouge", parce qu'en matière de pollution... (voir le Napoli échoué récemment au large de l'Angleterre).
    C'est vrai que tout ça me désole aussi. Mais comment faut-il faire? Une société qui se replie et qui n'a pas d'échanges commerciaux n'est pas l'idéal non plus. Pour les épiciers, je suis d'accord avec toi, mais où je vis c'est tellement pommé que même (je dirais surtout) les boutiques bio capotent encore plus vite que les autres.

    Posté par dominique(08) , le 11 février 2007 à 18:34
  • C'est certain, que quelque chose commence à bouger! Bien, si je te disais ce que ma mère a envoyé à Dior... Mais bon, je risque de choquer les lectrices! Hihi, j'en ris encore.

    Posté par fleur , le 14 février 2007 à 15:39
  • Une réflexion que je me suis faite :
    "Si on consomme près de chez nous des produits bio, bingo on y gagne probab pour notre santé."
    Mais voilà, comme disait une des profs de ma dernière fille : "Si on ne consomme pas des produits venant du tiers-monde, alors les gens seront encore plus pauvres et plus exploités..."
    Bien sûr, en prenant le temps, on retourne toutes les étiquettes (et on fait des réflexions tout haut pour qu'ON entende - ce k j fais), les gens finiront pas y réfléchir. Payer plus cher ce qu'on mange et avoir moins de soins de santé, c'est un beau challenge.
    Payer plus cher nos produits de consommation, ben, tout le monde ne peut pas, puisqu'on a viré la cheville ouvrière européenne qui n'a plus trop de moyens financiers désormais pour la remplacer par une cheville ouvrière plus rentable et tout aussi exploitée et désargentée.
    A propos, as-tu vu le magazine de Defossé le mercredi sur le retebe ? Lui aussi se bat bien.
    La circulaire en question circule bien... merci de la mettre en devant...
    Je reviens de chez Carref*. Greepeace dit qu'ils ont signé un pacte - probab pour leurs propres produits, mais en ce moment ce qu'ils mettent en avant c'est des produits classés rouges sur la liste Greenpeace. Alors ??

    Posté par ma dalton , le 15 février 2007 à 17:45

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