11 mai 2008
tout doit partir - alles moet weg !

Le * vieux gras de la quadra sédentaire, le * brol qui traîne partout parce que ça fait cinq ans que "je dois m'en débarrasser", les toisons mi-lavées mi-cardouillées mi-écharpouillées, le ménage qui n'est jamais fait,
les * embrouilles et les * névroses et les réunions ineptes et les factures et les emmerdes et les voisins...
Vous avez remarqué, il fait beau et l'ambiance est au nettoyage de printemps, mais je dois dire que cette année rien ne me ferait plus plaisir que de tout balancer par les fenêtres et recommencer à zéro dans la peau de quelqu'un ou de quelque chose d'autre. Du balai du balai du balai ! Envoyez-moi donc Betty s'il vous plaît.
[ Pour mes amies françaises : le brol est un mot bien de chez nous que vous pouvez traduire au choix par bazar, bidules, machins, trucs, capharnaüm, foutoir, marché aux puces, vieux coucous, crasses, débris, reliquats, etc etc. Mais pour nous aucun de ces mots ni même tous ces mots mis ensembles ne peuvent être aussi éloquents que "brol"]
En attendant le grand moment du vidage total, faisons à notre mesure et rêvons à notre future zenitude. Il m'arrive souvent de suivre les échanges sur le groupe "Simple Living" de Ravelry ("simplicité volontaire" en français).
Une des groupies s'était lancé il y a quelques semaines le "défi des 1000 choses" : se débarrasser de 1000 objets ou ensembles d'objets de son ménage. Tout de suite enthousiasmée, voilà que j'ouvre ma feuille Excel avec les entrées "IN" (quelques centaines de pelotes de chez Jannette) et les entrées "OUT" (à ce jour, trois vieux bouquins). Nous sommes mal partis. Je vais être obligée de mettre dans la feuille "OUT" les deux calories dépensées ce matin en allant au marché à pied.
Depuis de nombreuses années je suis fascinée par le dénuement volontaire.
Il faut dire que j'ai une lourde hérédité dans la culture du brol; il s'en faut en effet de très peu que les petites manies conservatrices de mon paternel ne mènent tout droit mes parents vers le destin des frères Collyer. C'est avec une rage parfois vengeresse que j'ai dû jeter des trésors innombrables de clous rouillés, savons fossilisés et commodes à trois pattes entassés dans la cave de l'appartement familial que j'occupe en ce moment... Ce travail de Sisyphe n'est jamais fini, car à présent je dois m'occuper de mes propres encombrements, achetés avec mes propres sous depuis l'âge de 14 ans. On a déjà réussi à en être quitte de la caméra de photomécanique (trois cent quatre vingt huit cheveux blancs chez ma mère) et du tour de potier électrique, mais je ne m'étais évidemment pas arrêtée en si bon chemin. Non moindre des séquelles sont les quantités de fringues achetées avec quinze kilos de moins et de la vanité en plus, alors que je m'imaginais encore prendre du plaisir à parader dans des chaussures à talons surélevés. Depuis lors, l'âge aidant, j'ai attrapé des cors aux pieds et je ne rêve plus que de Mephisto (la vieillesse est un naufrage, on me l'avait bien dit). Sans compter que la chaussette tricotée main dans les Sergio Rossi, c'est quand même très dur.
Pour tout arranger, si un jour je m'installe dans cette maison qui est en bonne voie pour devenir mon tombeau (ça tombe bien le cimetière n'est pas loin) il n'y a à peu près aucun de mes meubles qui y rentre, c'est dire si il va falloir faire de l'air. Je me demande combien de lignes ça vaut sur une feuille Excel, une garde-robe en cerisier ?!?
Pssst, à propos de fringues, pour celles qui sont déjà inscrites sur Ravelry, allez donc jeter un coup d'oeil sur le parfait placard. Ça donne le vertige, non ?
un peu de tricot, peut-être ?

Ce n'est pas tout à fait de ma faute s'il y a eu un accident de stash récemment. Je cherchais en effet un fil un peu rustique pour faire un cadeau à une amie et bingo, voilà la Rowan Yorkshire Tweed qui débarque. Comme vous le savez, une couleur qui arrive par la poste vient rarement seule. Et que fait-on quand on reçoit une laine d'une autre couleur qui est parfaite et qui en plus est dans une qualité discontinuée ? Hein ? Ben oui. On sort ses doigts crochus et on rafle [ entasse entasse entasse ]
L'étole pour mon amie est en bonne voie. C'est la Lead or Follow Scarf, un bien beau motif de dentelle mais qui a connu un faux départ pour cause d'inimitié avec la bordure d'origine. Ici à gauche la première version : sans trop m'expliquer pourquoi, je n'arrivais pas à trouver l'ensemble très élégant et plus ça montait, plus le malaise s'installait.

J'ai donc recommencé 'from the scratch', avec une bordure minimaliste. Il faudra bloquer avec énergie et il est possible que les bords roulottent toujours un peu, mais je préfère ça.
Ce qui me fait penser que j'ai un problème systématique avec les bordures, qu'il s'agisse des châles ou des étoles. Moins y a de bordures, mieux je me porte. Ce qui me fait penser que je serais bien inspirée à l'avenir de faire de la dentelle mousse. Ah aah, voilà comment la tricoteuse même la plus bornée en apprend tous les jours.
Cela a déjà souvent été évoqué, mais en ces temps pénibles je ne peux que rappeler toutes les vertus lénifiantes de notre sport favori. Quand vient le moment de se réfugier sur le canapé, entre le whisky et le chocolat
le thé vert et le chocolat bon d'accord alors juste le thé vert - l'Ipod sur les oreilles et planquée derrière ses aiguilles, alors on peut proclamer haut et fort :
"Foutez-moi donc tous la paix bande de gros nuls".
ça ne change pas la face du monde mais ça fait avancer l'étole.
Et à propos du fil ? Je l'aime beaucoup, beaucoup. Sec, très léger, fingering weight comme je les aime (110m/25gr), et ça tient même chaud. Je ne verserai pas encore des larmes de sang à l'idée que ce fil est discontinué car j'attends de voir en personne la Rowan Scottish Tweed qui pourrait bien être kif-kif pareille. A mon avis ils ne discontinuent rien du tout ces futés, ils changent juste le nom de temps en temps pour nous permettre de rafler tous les fonds de stocks chez tous nos marchands favoris. Eh bien pourquoi pas si ça nous fait plaisir. N'est-ce pas ?
Bon tricot tout le monde ;-)
08 février 2008
Youpie youpie youp là boum (boum)

Après près de vingt mois d'attente et une demi-douzaine de plans d'architecte, il semble que les choses sérieuses aient enfin commencé. Au deuxième jour de chantier on a déjà exhumé deux citernes clandestines en sus de la citerne officielle. Une belle aventure commence, pleine de folles découvertes et de devis complémentaires. C'est formidable. C'est merveilleux. Où ai-je mis mon Xanax ?

I once bought a little house. The backyard was okay but the little house, of course, needed a wee bit of renovation. Twenty months and a pile of architect's plans later, things seem to have gone slightly out of control. One thing is for sure : once you get rid of that stupid roof, the living room is splendidly luminous.
20 mai 2007
38 540 000 divisés par 918 moins 70% fois nulle égale pas grand'chose
C'était donc un chouette long week-end d'Ascension (c'est bien ça ??) et qu'ai-je fait d'intéressant ? J'ai dormi et je me suis creusée le ciboulot sur ce genre de machins (cliquez pour lire et apprécier)
Il paraît qu'il y a une réponse juste. Y paraît. Ne comptez pas sur moi pour vous la révéler; tout d'abord les plus douées givrées d'entre vous pourraient aussi avoir envie de se divertir; enfin cela attendra le 16 juin que j'aie eu le temps de me faire greffer deux ou trois cerveaux supplémentaires j'en aie fini avec ce foutu test et que j'aie le droit d'aller copier les solutions à la fin du bouquin.
Ce long week-end fut aussi une interminable et pénible séance d'humiliation car j'ai pris la mesure de toute mon inaptitude en calcul mental. Je ne sais pas compter ! Merci l'école new-look-rénové-baba-cool que j'ai fréquentée dans ma jeunesse et où je n'ai pas appris la moindre table de multiplication. Si vous avez chez vous un jeune esprit libre qui prétend que l'apprentissage des tables de multiplication est un obstacle à son épanouissement personnel, mettez-lui donc deux tartes de ma part.
Vivement ce soir 20 heures 12 (19 heures + 1 heure x 120%) que je me planque derrière ma radio pour écouter religieusement Le Masque et la Plume en tricotant de la chaussette. Ah mais.
Enfin, plus que quatre semaines. Après je pourrai à nouveau consacrer toute ma dévotion aux vrais problèmes de baignoires, de robinets et de dépassements budgétaires. Youpeeee.
Bonne semaine tout le monde !
01 août 2006
là où le bras blesse
Encore une fois, lors de ma séance de défrichage hebdomadaire, j'ai été attaquée par un animal féroce qui faisait probablement deux millimètres et trois microns au garrot, et à l'heure qu'il est j'ai un avant-bras rouge et brûlant et des démangeaisons de galeux.
Je commence à flairer l'arnaque sous toute cette histoire de
bucoliques jardins. Prenez le défrichage, par exemple. Une vraie drogue : de renoncule en pissenlit, on veut en
arracher encore, et c'est l'escalade (à quoi bon s'arrêter d'ailleurs,
ça repousse littéralement sous vos pieds). C'est comme la chasse aux
points noirs : on se dit "ok, c'est bon" et bing! "nom de nom, encore un monstre" et puis "pas possible, il faut que je l'extirpe"
- et c'est comme ça qu'on se retrouve dans le crépuscule à tirer
sur des queues de liserons à l'aveuglette en remontant moulte fois ses
lunettes avec le dos du gant de jardinage et en pestant contre le
gugusse dans les parages qui a décidé de broyer en une soirée ses
coupes de toute l'année.
(Ce n'est que beaucoup plus tard, après
avoir repris sa voiture, croisé le voisin et être rentrée chez soi
qu'on découvrira le maquillage de barbouze sur la joue gauche et la
branchiole de framboisier acrochée au sommet du scalp).
Bref c'est terrible. Je ne sais pas si le tricot y survivra. D'autant que j'ai besoin de toutes mes mains pour me gratter, maintenant.
Alors, à toutes les curieuses et les autres, voilà à quoi ressemble mon rêve de dentelle. Vous avez le droit de rire.
Je
me suis dit comme ça que je vous mettrais le lien tout de suite parce
que pour ce qui est des photos de mon oeuvre, il va encore passer
beaucoup de pissenlits sous la serfouette.
Joyeux tricot à tous!



